Communiquer avec la personne malade et sa famille


Thierry Hergueta, psychologue clinicien
1. Organiser l’aide familiale
2. Communiquer avec la personne malade
3. Exercices pratiques : techniques de communication
Marie L : Quand le malade répète plusieurs fois la même chose, faut-il lui dire : oui tu l'as déjà dit OU ne rien dire ?
Réponse : " Dans ce cas, la question pourrait se poser différemment : à quoi cela sert-il de faire remarquer à quelqu’un qui a des problèmes de mémoire qu’il a des problèmes de mémoire ? On peut se dire qu’une fois cela peut l’aider. En règle générale, d’appuyer « là où ça fait mal », ne peut que blesser, inquiéter, agresser le malade. Il vaut mieux, à mon avis, répondre une nouvelle fois à une question. Cela permet à la personne qui a des problèmes de mémoire de, peut-être, mémoriser l’information. Là encore, on peut se sentir coupable de mentir, cette fois par omission, en ne disant pas les choses telles qu’elles se présentent." Thierry Hergueta, Psychologue clinicien
mano : Ma maman est atteinte d'Alzheimer et est située en GIR 2. Pouvez-vous me dire à quoi peut-elle penser quand elle part dans son monde intérier ? J'aimerais savoir si elle passe encore par des périodes de tristesse.
Réponse : " Si votre maman était codée en GIR 2, c’est qu’elle présente une maladie d’Alzheimer assez évoluée. Il est fréquemment admis que la mémoire émotionnelle et plus généralement les émotions sont conservées très longtemps chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer. En particulier, la tristesse est souvent présente, même à des stades très évolués. Il est important de considérer l’utilité d’un traitement contre la dépression, voire contre l’anxiété, si elles sont présentes. Comme chez les jeunes enfants, la tristesse peut ne pas être exprimée par des pleurs mais par des manifestations comportementales. On observe souvent un retrait, une limitation des activités, et parfois, une certaine opposition. Les traitements peuvent faire évoluer très favorablement ces caractéristiques comportementales." Thierry Hergueta, Psychologue clinicien
mayo : Je travaille à l'accueil d'une maison de retraite. Là est une résidente qui me connait depuis toujours. J'ai marié ma fille en août, et depuis elle me parle comme si elle parlait à ma fille. Comment me comporter ?
Réponse : " Les problèmes de confusion sont assez fréquents dans la maladie d’Alzheimer. On peut avoir deux types d’attitude, soit rétablir la vérité pour donner un cadre sur le plan de la réalité au patient. Soit, il est possible, de ne rien dire et de laisser les choses en l’état. La première solution a l’avantage de recadrer les choses, ce qui peut être bien perçu par les patients. Cependant, cette solution peut faire naître de l’agressivité et une attitude d’opposition. La seconde attitude a l’avantage de ne pas créer de conflit avec le patient, ce qui peut être tout à fait appréciable dans la relation du quotidien. En revanche, elle peut entraîner une certaine forme de culpabilité du côté des proches qui se sentent mal à l’aise d’avoir à mentir. En conclusion, il n’y a pas véritablement de bonne solution. Il faut savoir adapter en fonction de la personne, mais aussi du moment, l’attitude à adopter. Il faut savoir que parfois on peut adopter une attitude et que parfois on peut adopter l’autre attitude, il n’y a pas de règle en la matière." Thierry Hergueta, Psychologue clinicien
ZEINEB : Mon papa est sous traitement. Je voudrais connaître l'intérêt de sa prise s'il ne stoppe pas la maladie?
Réponse : " Depuis 1995, il existe des traitements dans le cadre de la maladie d’Alzheimer. Comme pour toute maladie, les traitements peuvent s’avérer plus ou moins efficaces. Pourquoi, pour la maladie d’Alzheimer, faudrait-il arrêter les traitements ? On sait que les traitements du diabète, de l’asthme, de l’épilepsie, de l’insuffisance cardiaque, etc. ne traitent pas ces maladies. Faut-il arrêter les traitements dans ces conditions ? Certains des médicaments, ont prouvé, au cours d’études menées d’une manière rigoureuse, un avantage par rapport à un placebo (médicament sans substance active)." Thierry Hergueta, Psychologue clinicien
ZEINEB : Les médicaments ne font que retarder l'évolution de la maladie et par conséquent, prolonger la période ou le malade...
Réponse : " Pour faire suite à la question précédente sur l’utilité des médicaments dans la maladie d’Alzheimer, il apparaît important de considérer que sur le plan éthique, il ne nous semble pas souhaitable de ne pas faire bénéficier aux patients atteints de la maladie d’Alzheimer des médicaments actuellement sur le marché." Thierry Hergueta, Psychologue clinicien
marie : Vous prenez toujours l'exemple d'un couple où l'un d'entre eux est malade, mais lorsque le conjoint aidant a disparu, comment communiquer en tant qu'enfant ou conjoint d'enfant avec un parent quand les liens parents-enfants sont anciens?
Réponse : " Vous avez raison, l’exemple du couple est souvent repris. Par expérience, nous savons que ce schéma idéal est loin d’être présent tout le temps dans l’accompagnement d’un malade atteint de la maladie d’Alzheimer. Les scènes de ce module permettent de mettre en évidence des situations types. Que le proche soit un conjoint, un enfant, et même quelqu’un de plus éloigné, ne change pas les règles de la communication. De fait, plus on est éloigné de la personne malade, plus la communication paraît facile. Là encore, ce n’est pas une règle. L’idée est de s’inspirer de ces exemples pour soi-même. Comme vous le verrez, il s’agit non pas d’aborder le malade frontalement, mais de contourner les problèmes." Thierry Hergueta, Psychologue clinicien
mano : J'ai le sentiment que quand j'essaie de communiquer verbalement avec ma maman, mes questions simples l'énervent et elle se réfugie alors dans son monde en chantonnant. Comment faire pour essayer de continuer le dialogue verbal avec elle ?
Réponse : " Lorsque l’on a des problèmes de mémoire, on oublie des éléments importants sur le plan des faits. Des questions qui peuvent paraître simples sont vécues comme très complexes. Souvent, le fait même de ne pas pouvoir y répondre peu mettre le malade dans une certaine détresse qui peut entraîner un certain agacement, voire un retrait. Ce que je conseille souvent, c’est de favoriser des moments de communication verbale au cours de promenades, de déambulation, qui facilitent les échanges. En règle générale, il vaut mieux raconter que questionner, il vaut mieux poser des questions sur le passé plutôt que sur le présent. Dans tous les cas, ce qui est important c’est de continuer à parler. Si la conversation se porte sur des évènements du passé, il faut considérer que c’est le plaisir d’échanger qui est à favoriser." Thierry Hergueta, Psychologue clinicien
nanou : Le généraliste de ma mère ne la guide pas vers les professionnels et elle ne croit qu'en son jugement. Que peut-on faire? Il vient de lui redonner un traitement qui avait été arrêté depuis 6 mois afin de calmer ses hallucinations sans meme l'en avertir.
Réponse : " Dans ce cas, ce que je conseille souvent, c’est de prendre directement contact avec le généraliste afin de discuter avec lui des différentes stratégies à adopter." Thierry Hergueta, Psychologue clinicien
Gérardu68 : Un nouveau pensionnaire dans un accueil de jour réussi à s'emparer d'un couteau de cuisine; dès que j'essaie de lui enlever, il s'y cramponne des deux mains. QUE FAIRE ?
Réponse : " Ce type de comportement est rare chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer, il est plus fréquent chez des patients présentant des maladies apparentées. Comme toujours, lorsqu’il y a danger sur le plan comportemental, la parole est sans doute le meilleur moyen pour arriver à ses fins. Il faut rassurer et non pas agresser, il faut argumenter plutôt que de donner des ordres." Thierry hergueta, Psychologue clinicien
katel35@hotmail.fr : Une maison médicalisée peut t-elle refuser de continuer à s'occuper de mon père agressif et atteint d'Alzheimer ainsi que de ma mère qui a fait un AVC sévère et handicapée ? Merci
Réponse : " Chaque établissement de soins a une règle particulière quant aux admissions. Il n’y a pas d’obligation réelle de prise en charge. Seuls certains hôpitaux de secteur peuvent avoir une obligation légale de prise en charge. Une maison médicalisée semble échapper, à notre avis, à ce type d’obligation." Thierry Hergueta, Psychologue clinicien
Réponse : " Dans ce cas, la question pourrait se poser différemment : à quoi cela sert-il de faire remarquer à quelqu’un qui a des problèmes de mémoire qu’il a des problèmes de mémoire ? On peut se dire qu’une fois cela peut l’aider. En règle générale, d’appuyer « là où ça fait mal », ne peut que blesser, inquiéter, agresser le malade. Il vaut mieux, à mon avis, répondre une nouvelle fois à une question. Cela permet à la personne qui a des problèmes de mémoire de, peut-être, mémoriser l’information. Là encore, on peut se sentir coupable de mentir, cette fois par omission, en ne disant pas les choses telles qu’elles se présentent." Thierry Hergueta, Psychologue clinicien
mano : Ma maman est atteinte d'Alzheimer et est située en GIR 2. Pouvez-vous me dire à quoi peut-elle penser quand elle part dans son monde intérier ? J'aimerais savoir si elle passe encore par des périodes de tristesse.
Réponse : " Si votre maman était codée en GIR 2, c’est qu’elle présente une maladie d’Alzheimer assez évoluée. Il est fréquemment admis que la mémoire émotionnelle et plus généralement les émotions sont conservées très longtemps chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer. En particulier, la tristesse est souvent présente, même à des stades très évolués. Il est important de considérer l’utilité d’un traitement contre la dépression, voire contre l’anxiété, si elles sont présentes. Comme chez les jeunes enfants, la tristesse peut ne pas être exprimée par des pleurs mais par des manifestations comportementales. On observe souvent un retrait, une limitation des activités, et parfois, une certaine opposition. Les traitements peuvent faire évoluer très favorablement ces caractéristiques comportementales." Thierry Hergueta, Psychologue clinicien
mayo : Je travaille à l'accueil d'une maison de retraite. Là est une résidente qui me connait depuis toujours. J'ai marié ma fille en août, et depuis elle me parle comme si elle parlait à ma fille. Comment me comporter ?
Réponse : " Les problèmes de confusion sont assez fréquents dans la maladie d’Alzheimer. On peut avoir deux types d’attitude, soit rétablir la vérité pour donner un cadre sur le plan de la réalité au patient. Soit, il est possible, de ne rien dire et de laisser les choses en l’état. La première solution a l’avantage de recadrer les choses, ce qui peut être bien perçu par les patients. Cependant, cette solution peut faire naître de l’agressivité et une attitude d’opposition. La seconde attitude a l’avantage de ne pas créer de conflit avec le patient, ce qui peut être tout à fait appréciable dans la relation du quotidien. En revanche, elle peut entraîner une certaine forme de culpabilité du côté des proches qui se sentent mal à l’aise d’avoir à mentir. En conclusion, il n’y a pas véritablement de bonne solution. Il faut savoir adapter en fonction de la personne, mais aussi du moment, l’attitude à adopter. Il faut savoir que parfois on peut adopter une attitude et que parfois on peut adopter l’autre attitude, il n’y a pas de règle en la matière." Thierry Hergueta, Psychologue clinicien
ZEINEB : Mon papa est sous traitement. Je voudrais connaître l'intérêt de sa prise s'il ne stoppe pas la maladie?
Réponse : " Depuis 1995, il existe des traitements dans le cadre de la maladie d’Alzheimer. Comme pour toute maladie, les traitements peuvent s’avérer plus ou moins efficaces. Pourquoi, pour la maladie d’Alzheimer, faudrait-il arrêter les traitements ? On sait que les traitements du diabète, de l’asthme, de l’épilepsie, de l’insuffisance cardiaque, etc. ne traitent pas ces maladies. Faut-il arrêter les traitements dans ces conditions ? Certains des médicaments, ont prouvé, au cours d’études menées d’une manière rigoureuse, un avantage par rapport à un placebo (médicament sans substance active)." Thierry Hergueta, Psychologue clinicien
ZEINEB : Les médicaments ne font que retarder l'évolution de la maladie et par conséquent, prolonger la période ou le malade...
Réponse : " Pour faire suite à la question précédente sur l’utilité des médicaments dans la maladie d’Alzheimer, il apparaît important de considérer que sur le plan éthique, il ne nous semble pas souhaitable de ne pas faire bénéficier aux patients atteints de la maladie d’Alzheimer des médicaments actuellement sur le marché." Thierry Hergueta, Psychologue clinicien
marie : Vous prenez toujours l'exemple d'un couple où l'un d'entre eux est malade, mais lorsque le conjoint aidant a disparu, comment communiquer en tant qu'enfant ou conjoint d'enfant avec un parent quand les liens parents-enfants sont anciens?
Réponse : " Vous avez raison, l’exemple du couple est souvent repris. Par expérience, nous savons que ce schéma idéal est loin d’être présent tout le temps dans l’accompagnement d’un malade atteint de la maladie d’Alzheimer. Les scènes de ce module permettent de mettre en évidence des situations types. Que le proche soit un conjoint, un enfant, et même quelqu’un de plus éloigné, ne change pas les règles de la communication. De fait, plus on est éloigné de la personne malade, plus la communication paraît facile. Là encore, ce n’est pas une règle. L’idée est de s’inspirer de ces exemples pour soi-même. Comme vous le verrez, il s’agit non pas d’aborder le malade frontalement, mais de contourner les problèmes." Thierry Hergueta, Psychologue clinicien
mano : J'ai le sentiment que quand j'essaie de communiquer verbalement avec ma maman, mes questions simples l'énervent et elle se réfugie alors dans son monde en chantonnant. Comment faire pour essayer de continuer le dialogue verbal avec elle ?
Réponse : " Lorsque l’on a des problèmes de mémoire, on oublie des éléments importants sur le plan des faits. Des questions qui peuvent paraître simples sont vécues comme très complexes. Souvent, le fait même de ne pas pouvoir y répondre peu mettre le malade dans une certaine détresse qui peut entraîner un certain agacement, voire un retrait. Ce que je conseille souvent, c’est de favoriser des moments de communication verbale au cours de promenades, de déambulation, qui facilitent les échanges. En règle générale, il vaut mieux raconter que questionner, il vaut mieux poser des questions sur le passé plutôt que sur le présent. Dans tous les cas, ce qui est important c’est de continuer à parler. Si la conversation se porte sur des évènements du passé, il faut considérer que c’est le plaisir d’échanger qui est à favoriser." Thierry Hergueta, Psychologue clinicien
nanou : Le généraliste de ma mère ne la guide pas vers les professionnels et elle ne croit qu'en son jugement. Que peut-on faire? Il vient de lui redonner un traitement qui avait été arrêté depuis 6 mois afin de calmer ses hallucinations sans meme l'en avertir.
Réponse : " Dans ce cas, ce que je conseille souvent, c’est de prendre directement contact avec le généraliste afin de discuter avec lui des différentes stratégies à adopter." Thierry Hergueta, Psychologue clinicien
Gérardu68 : Un nouveau pensionnaire dans un accueil de jour réussi à s'emparer d'un couteau de cuisine; dès que j'essaie de lui enlever, il s'y cramponne des deux mains. QUE FAIRE ?
Réponse : " Ce type de comportement est rare chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer, il est plus fréquent chez des patients présentant des maladies apparentées. Comme toujours, lorsqu’il y a danger sur le plan comportemental, la parole est sans doute le meilleur moyen pour arriver à ses fins. Il faut rassurer et non pas agresser, il faut argumenter plutôt que de donner des ordres." Thierry hergueta, Psychologue clinicien
katel35@hotmail.fr : Une maison médicalisée peut t-elle refuser de continuer à s'occuper de mon père agressif et atteint d'Alzheimer ainsi que de ma mère qui a fait un AVC sévère et handicapée ? Merci
Réponse : " Chaque établissement de soins a une règle particulière quant aux admissions. Il n’y a pas d’obligation réelle de prise en charge. Seuls certains hôpitaux de secteur peuvent avoir une obligation légale de prise en charge. Une maison médicalisée semble échapper, à notre avis, à ce type d’obligation." Thierry Hergueta, Psychologue clinicien
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